Lettre à toi, jolie
jupe blanche !
Toi qui me faisais la
silhouette légère et frivole, je te cherche encore, mais je ne sais plus où.
T’oublier, je n’y
arrive pas…
Tu étais de ces jupes
légères qui me ravissent. Ton tissu immaculé et fluide me permettait tout. Tout
t’allait…
Que le matin était
facile avec toi, à mes côtés. Un rien t’habillait. Virevoltante sur mes jambes,
dévoilant un genou parfois.
Il suffisait que je
t’enfile pour me sentir belle, même irrésistible.
Un vrai fourreau…
Songe d’été ou de
petite fille…
Tu me manques et tu me
rends dingue. L’ignorance de ta présence me tourmente au plus haut des points.
Tu ne peux pas me fuir.
Pas moi.
Je suis moche sans toi.
Mes petits hauts se
languissent. Ils te veulent et moi, je n’arrive plus à les marier. Aucune de
tes rivales n’est encore à la hauteur de ta classe.
J’ai pourtant chiné,
retourné, pisté tout Bruxelles pour trouver celle qui te détrônerait. Pour
trouver celle qui m’aiderait à … te mettre au placard de mes souvenirs.
En vain… Peine perdue…
Je désespère.
Tu t’es évanouie dans
la nature. Et je me sens sotte de t’avoir laissé t’égarer.
Comment as-tu pu
échapper à ma vigilance ?
As-tu profité d’un
instant de lâcher prise ?
Voulais-tu partager ton
pouvoir d’épanouir avec d’autres pauvres silhouettes en détresse ?
Serais-tu la mère
Térésa des jupes d’été ?
Ou bien, voulais-tu
plutôt faire les quatre cents coups ?
Aller de fesses en
fesses et me lancer le vent de ton infidélité à la gueule ?
Ou encore… pensais-tu
avoir assez vu mon cul, subi sa pression et supporté les taches attirées par ta
blanche virginité ?
Et te serais-tu
reconvertie alors en drapeau de paix ?
En berne sur le
pavillon de Médecins Sans Frontières de je ne sais quel pays où le sable
imprègne tes fibres ?
Mes jambes t’ont servi
d’entraînement. Mais je suppose que tu trouves ça plus vivifiant, plus
noble de te faire fouetter par les embruns d’un désert stérile!
Je te trouve bien
ingrate.
Je t’ai donné ta
chance. J’ai hésité avec la même en orange. Je t’ai pourtant élue, toi, la
blanche, lumineuse, pure et permissive. Je t’imaginais encore dans bien des
scénarios, centre de mon attention. Toujours ravie de te redécouvrir à chaque
printemps.
Mais … tout s’éclaire.
Tu es partie … Tu es
partie avant que je ne te jette ou te mette sur une voie de garage.
Tu es partie…
Comme Marilyn, comme
Dalida, comme Jim…
Juste à l’apogée…
Pour éviter la mise à
l’écart…
Non… Je ne te trouve
plus ingrate, je te comprends. Si bien…
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