samedi 19 février 2011

"Soufi, mon amour" d'Elif Shafak

Des pages à plusieurs voix. Un livre dans le livre. Lectrice, Ella tombe en amour de l’auteur du livre dont elle doit écrire la critique. Commence une correspondance entre eux d’un bout du monde conventionnel américain et l’autre bout du monde plus ébloui par la pensée libre de toute contrainte. Les bases de leur conversation, les 40 règles d’un derviche en errance, en repos d’amitié jusqu’à sa mort.

Ou, comment traiter le choc des cultures sans s’entretuer?
Car ce livre n’est pas un roman, en tout cas, pas uniquement un roman. C’est une piste de réflexion. Je viens de le terminer, tout chaud. Et hormis, ma première impression d’une magnifique histoire de bons sentiments et d’amour pur, une expression de sérénité m’envahit. Du coup, je me dis que tout le monde devrait s’abandonner à sa lecture et spécifiquement ceux qui sont restés trop longtemps cloîtrés dans leur propre culture pour ne plus croire que c’est la seule de bonne à prendre. Tout ceux là qui sont prêts à se battre pour défendre leur territoire et leur orgueil devraient apprendre à voyager. Et ce livre fait voyager. En Amérique puritaine et traditionnelle, en Turquie philosophe, aux Pays-Bas tout simples,... Il fait parcourir des kilomètres de croyances, de traditions et les mélangent, et ce, le plus naturellement du monde. Il donne envie de confronter sa vision à celle de l’autre non pas pour gagner mais pour trouver encore mieux, pour s’enrichir, tirer parti et partager. Qu’est-ce qui est mieux? Respecter le qu’en dira-ton et être malheureux dans le carcan imposé par une société contraignante, rejeter la différence car elle est dangereuse et ainsi vivre sans risque car sans surprise? Ou respecter ses envies sans pour autant contraindre l’autre mais plutôt l‘accueillir avec ses propres envies à lui?
Lisez ce livre et liez-vous en paix!

Ps: j’aimerais aussi faire une suggestion. Oserais-je? Voici donc en toute humilité: en cette période de bagarre de points de vue dans mon pays, pourtant réputé pour son talent du compromis, en cette période de déchirement, je voudrais soumettre ce livre à la lecture de nos politiciens et de certains de mes concitoyens. Pour que le compromis à la belge ne devienne pas une expression obsolète. On est riche de nos différences.