mardi 26 avril 2011

« L’homme qui voulait vivre heureux » de Laurent Gounelle

Je suis un peu le cul entre deux chaises. D’un côté, je sais que le bonheur est à notre portée, celle de tous, enfin presque. Et que souvent, on ne veut simplement pas le voir car on a tendance à voir le noir du problème avant le blanc du petit bonheur présent. On ne cherche que les troubles pour venir assombrir le tableau.
D’ailleurs, on lit beaucoup plus sur les problèmes que sur les bonheurs. Un roman par exemple ne marchera pas si tout se passe bien, s’il n’y pas d’élément déclencheur comme on dit, le dilemme qui fait démarrer l‘histoire et nourrira le lecteur d‘une transformation. D’un autre côté, je sais aussi que cet élément déclencheur, ce problème est souvent un facteur qui pousse à mieux faire pour peut-être s’épanouir. Donc, au final, quelle est mon opinion? J’aurais envie de dire: arrêtons de nous trouver des problèmes et essayons simplement d’être heureux. C’est simple, il suffit de se focaliser plutôt sur ce qui va bien pour relativiser ce ui va mal. Mais, et j’insisterais sur ce mais, est-ce que cette philosophie de vie ne va pas à l’encontre de notre développement personnel: on apprend de ses erreurs, on transforme des problèmes en atouts, et bla bla bla et bla bla bla…

Je suis ennuyée maintenant, je vais devoir aller à Bali car j’ai quelque chose à demander à ce cher Maître Samtyang. Bali, exotisme et simplicité dans la couleur d’une vie de rêves… Douceur et richesse de vie. Pour moi, un grand livre dans sa simplicité. Pourquoi me compliquerais-je mes loisirs?

Dans la même série, je suis encore pleine des images de douceur du film « Eat Pray Love », un hommage majestueux à la recherche du bien-être. Des personnages sympathiques, des décors magnifiques, une bande originale douce et suave. Une histoire de vie d’une fille qui, elle aussi, voulait vivre heureuse. Un ensemble qui m’a touchée et le classe dans la pile des DVD précieux.

Il est vraiment temps que je fasse ce voyage à Bali.

lundi 25 avril 2011

« Cher amour » de Bernard Giraudeau

Petite, je te trouvais plein d’énigmes. Tu me cachais bien ton jeu,
Bernard.
Tu es en plus d’être acteur reconnu, un écrivain au talent surprenant. Une plume dans l’âme. Belle, élégante, aiguisée. Tu maîtrises les mots et tu les tournes pour emballer celui qui te lit.
Tes voyages, ton amour. Un programme simple? Non, apparemment non. Les choses les plus simples ne coulent pas toujours de façon monotone. L’Homme est là pour donner à la ligne du temps du fil à retordre. Et le hasard l’aide bien.
Ma première impression a été que tu étais un imposteur. Tu séduis par la forme mais celle-ci fait mourir le contenu. J’ai eu beaucoup de mal à te suivre mais je me suis accrochée, je me suis dit que tu valais mieux que ça. Que tu n’avais pas écrit pour qu’on te lâche après quelques pages. J’ai donc pris sur moi, pendant quelques chapitres, j’ai sué, je me suis évadée vers d’autres pensées en te lisant. J’ai relu et relu certains passages, je n’étais pas dedans. Et puis, à un moment donné, j’ai pris plaisir à enrichir la forme par ton esprit, celui d’un homme vrai qui écrit ce qu’il ressent à la femme de ses rêves, celle qui n’existe que dans son imaginaire. Celle qui répond à tous ses désirs et qui le comble tout simplement. Ton seul problème est qu’elle n’existe pas. Mais rassure-toi, tu n’as pas pleuré cette femme pour rien.
Je suis sûre qu’elle peut exister et j’espère que tu l’as trouvée dans le paradis exotique ou tu te trouves, je te le souhaite!
Ps: désolée de te tutoyer mais ça m’a semblé naturel, vu le temps que nous avons passé ensemble et l’émotion que tu m’a fait partager.
Conclusion: il est bon de persévérer: on y découvre des trésors accessibles uniquement aux aventuriers qui ne se découragent pas, on devient alors des privilégiés car on entre dans des secrets accessibles uniquement avec une clé: le courage d’aller plus loin.

samedi 19 février 2011

"Soufi, mon amour" d'Elif Shafak

Des pages à plusieurs voix. Un livre dans le livre. Lectrice, Ella tombe en amour de l’auteur du livre dont elle doit écrire la critique. Commence une correspondance entre eux d’un bout du monde conventionnel américain et l’autre bout du monde plus ébloui par la pensée libre de toute contrainte. Les bases de leur conversation, les 40 règles d’un derviche en errance, en repos d’amitié jusqu’à sa mort.

Ou, comment traiter le choc des cultures sans s’entretuer?
Car ce livre n’est pas un roman, en tout cas, pas uniquement un roman. C’est une piste de réflexion. Je viens de le terminer, tout chaud. Et hormis, ma première impression d’une magnifique histoire de bons sentiments et d’amour pur, une expression de sérénité m’envahit. Du coup, je me dis que tout le monde devrait s’abandonner à sa lecture et spécifiquement ceux qui sont restés trop longtemps cloîtrés dans leur propre culture pour ne plus croire que c’est la seule de bonne à prendre. Tout ceux là qui sont prêts à se battre pour défendre leur territoire et leur orgueil devraient apprendre à voyager. Et ce livre fait voyager. En Amérique puritaine et traditionnelle, en Turquie philosophe, aux Pays-Bas tout simples,... Il fait parcourir des kilomètres de croyances, de traditions et les mélangent, et ce, le plus naturellement du monde. Il donne envie de confronter sa vision à celle de l’autre non pas pour gagner mais pour trouver encore mieux, pour s’enrichir, tirer parti et partager. Qu’est-ce qui est mieux? Respecter le qu’en dira-ton et être malheureux dans le carcan imposé par une société contraignante, rejeter la différence car elle est dangereuse et ainsi vivre sans risque car sans surprise? Ou respecter ses envies sans pour autant contraindre l’autre mais plutôt l‘accueillir avec ses propres envies à lui?
Lisez ce livre et liez-vous en paix!

Ps: j’aimerais aussi faire une suggestion. Oserais-je? Voici donc en toute humilité: en cette période de bagarre de points de vue dans mon pays, pourtant réputé pour son talent du compromis, en cette période de déchirement, je voudrais soumettre ce livre à la lecture de nos politiciens et de certains de mes concitoyens. Pour que le compromis à la belge ne devienne pas une expression obsolète. On est riche de nos différences.